Seedbox : installer le client torrent Flood sous Debian 8

L’autre jour je vous présentait l’installation de Transmission, un client de torrent basique, mais stable, et très facile à installer. Pour ceux d’entre vous qui sont prêts à passer un peu plus de temps pour avoir un client plus performant et plus design, voici Flood !

C’est une interface web en nodejs ( 😕 ) pour rTorrent, un client en lignes de commandes qui est stable et léger, et qui est souvent utilisé avec Rutorrent, une interface web qui elle est en PHP (mais moins jolie !).

Pour ceux qui veulent voire à ça ressemble, j’ai mis une petite galerie à la fin de l’article. 🙂

Une Seedbox ?

Une seedbox est un serveur dédié au téléchargement et au partage de fichiers torrents. Flood est une interface web qui nous permet de télécharger ces fichiers.

Pourquoi avoir une seedbox ? Le fait que ce soit un serveur signifie que :

• vous avez beaucoup de stockage
• vous avez beaucoup de bande passante, donc des téléchargements rapides
• vous n’êtes pas surveillés par HADOPI
• vous pouvez regarder vos films ou séries en streaming depuis votre serveur.

Installation de rTorrent et libTorrent

Flood n’étant qu’une interface web pour rTorrent, nous allons d’abord devoir l’installer.

Depuis les dépôts

rTorrent est disponible dans les dépôts de Debian en version 0.9.2 et libTorrent en version 0.13.2, sachant que les dernières versions disponibles, même si elles ont plus d’un an, sont respectivement la 0.9.6 et 0.13.6, qui elles sont disponibles sous Debian Sid et Stretch.

Si vous avez la flemme de compiler vous pouvez tout de même les installer :

apt install rtorrent

Depuis les sources

Ainsi pour avoir les dernières versions, on peut compiler rTorrent et libTorrent directement depuis les sources.

On installe les dépendances :

apt install build-essential subversion autoconf g++ gcc curl comerr-dev pkg-config cfv libtool libssl-dev libncurses5-dev ncurses-term libsigc++-2.0-dev libcppunit-dev libcurl3 libcurl4-openssl-dev

XML-RPC permet rTorrent de communiquer avec Flood.

On le télécharge :

svn co -q https://svn.code.sf.net/p/xmlrpc-c/code/stable /tmp/xmlrpc-c

On le compile :

cd /tmp/xmlrpc-c
./configure
make -j $(nproc)

On l’installe :

make install

On télécharge libTorrent :

cd /tmp
curl http://rtorrent.net/downloads/libtorrent-0.13.6.tar.gz | tar xz

On le compile :

cd libtorrent-0.13.6
./autogen.sh
./configure
make -j $(nproc)

Et on l’installe :

make install

On télécharge rTorrent :

cd /tmp
curl http://rtorrent.net/downloads/rtorrent-0.9.6.tar.gz | tar xz

On le compile :

cd rtorrent-0.9.6
./autogen.sh
./configure --with-xmlrpc-c
make -j $(nproc)

Et on l’installe :

make install
ldconfig

Vous êtes toujours là ?  😆

Configuration de rTorrent

On ajoute un utilisateur pour éviter de lancer rTorrent en root :

adduser --disabled-password rtorrent

On édite la configuration de rTorrent :

nano /home/rtorrent/.rtorrent.rc

Et on ajoute ceci :

# Vitesse de téléchargement max up/down, en KiB. "0" équivaut à aucune limite. 
download_rate = 0
upload_rate = 10000

# Nombre maximal de téléchargements simultanés
max_downloads_global = 10

# Nombre maximal de peers par torrent
max_peers = 100

# Nombre maximal de peers à upload par torrent
max_uploads = 20

# Répertoire qui contient les fichiers téléchargés.
directory = /srv/seedbox/downloads

# Répertoire où rtorrent stocke l'état de téléchargement des torrents.
session = /srv/seedbox/.session

# Ports utilisables par rTorrent. 2x la même valeur = 1 port
port_range = 49999-49999
port_random = no

# Vérification des données à la fin du téléchargement
check_hash = yes

# Activation de DHT pour les torrents sans trackers.
# À désactiver si vous utilisez des trackers privés
dht = auto
dht_port = 6881
peer_exchange = yes

# On préfère les échanges avec chiffrement
encryption = allow_incoming,try_outgoing,enable_retry

# On autorise les trackers UDP
use_udp_trackers = yes

# Port SCGI, on en a besoin pour communiquer avec Flood
scgi_port = 127.0.0.1:5000

On n’oublie pas de créer les dossiers qui vont bien :

mkdir /srv/seedbox
mkdir /srv/seedbox/downloads
mkdir /srv/seedbox/.session

Et on applique les bonnes permissions à tout ça :

chmod 775 -R /srv/seedbox
chown rtorrent:rtorrent -R /srv/seedbox
chown rtorrent:rtorrent /home/rtorrent/.rtorrent.rc

Ensuite on ajoute un script d’init pour Systemd, pour pouvoir démarrer ou arrêter rtorrent à notre guise et le démarrer au boot automatiquement.

nano /etc/systemd/system/rtorrent.service

On ajoute :

[Unit]
Description=rTorrent
After=network.target

[Service]
User=rtorrent
Type=forking
KillMode=none
ExecStart=/usr/bin/screen -d -m -fa -S rtorrent /usr/local/bin/rtorrent
ExecStop=/usr/bin/killall -w -s 2 /usr/local/bin/rtorrent
WorkingDirectory=%h

[Install]
WantedBy=default.target

(/usr/local/bin/rtorrent est à remplacer par /usr/bin/rtorrent si vous avez installé rTorrent depuis les dépôts)

On active rtorrent au boot :

systemctl daemon-reload
systemctl enable rtorrent.service

Puis le démarre :

sudo systemctl start rtorrent.service

Un petit htop et on voit bien que rTorrent tourne en root :

Seedbox : installer le client torrent Flood sous Debian 8

Pour arrêter rTorrent :

systemctl stop rtorrent

Pour le démarrer :

systemctl start rtorrent

Pour le redémarrer :

systemctl restart rtorrent

Installation de Flood

On passe au morceau qui nous intéresse : l’interface web. C’est du nodejs, donc il va falloir installer ce dernier :

curl -sL https://deb.nodesource.com/setup_4.x | sudo -E bash -
sudo apt-get install -y nodejs

Ensuite, on installe git :

apt install git

Puis on va récupérer le code source de flood :

cd /srv/seedbox
git clone https://github.com/jfurrow/flood.git

On ajoute la conf de flood :

cd flood
cp config.template.js config.js

On l’installe :

npm install --production

Ici, pas de script d’init, j’ai essayé avec forever pour les connaisseurs mais ça ne marche pas (en fait, si, mais bof). Je n’ai pas réussi à faire de script d’init, d’autant plus que le dev lui même conseille d’utiliser screen… J’ai quand même ouvert une issue à ce sujet.

Edit : Vous pouvez regarder du côté de PM2

On ajoute un utilisateur pour éviter de lancer flood en root par la suite :

adduser --disabled-password flood

On applique les bonnes permissions :

chown -R flood:flood /srv/seedbox/flood/

Lancer flood avec screen

On crée un screen :

screen -S flood

On change d’utilisateur :

su - flood

Puis on lance flood :

cd /srv/seedbox/flood
npm run start:production

Vous pouvez arrêter Flood avec ctrl + c sortir du screen avec ctrl + a puis d et revenir avec screen -r flood

Flood est désormais accessible via http://IP_DU_SERVEUR:3000

À votre première connexion il vous sera demandé de créer un compte, et puis après, vous êtes prêts à faire chauffer la connexion !  😀

Mettre à jour Flood

Il suffit de récupérer le nouveau code et de relancer flood.

screen -r flood

ctrl + c pour l’arrêter puis ctrl + a et d pour sortir de flood

cd /srv/seedbox/flood
git pull

Vous devriez vérifier au cas où il y ait des changements dans config.sample.js.

On met à jour flood :

npm install --production

Et on le relance :

screen -r flood
npm run start:production

Docker

Si vous êtes un adepte de Docker, une image « officielle » est en cours de discussion ici, et WonderFall en a fait une très bien ici.

D’ailleurs, je me tâte à faire ma seedbox sous Docker moi. ^^

Reverse proxy Nginx avec HTTPS

Vous me connaissez, tant qu’on y est, autant faire les choses proprement : accéder à Flood via un domaine, le tout en HTTPS !

Pré-requis : avoir un domaine/sous domaine qui pointe l’IP du serveur.

Ici je prends comme exemple seedbox.hadopi.fr.   😎

Installation de Nginx

On suit mon petit guide :

wget -O - https://nginx.org/keys/nginx_signing.key | apt-key add -
echo "deb http://nginx.org/packages/debian/ $(lsb_release -sc) nginx" > /etc/apt/sources.list.d/nginx.list
apt update
apt install nginx

Génération d’un certificat avec Let’s Encrypt

On suit aussi mon petit gui… Oups, j’en ai pas encore fait 😆

On installe l’outil depuis les backports de Debian :

echo "deb http://httpredir.debian.org/debian jessie-backports main" >> /etc/apt/sources.list
apt update
apt install -t jessie-backports letsencrypt

On arrête Nginx pour laisser le port 80 libre :

service nginx stop

On génère le certificat :

letsencrypt certonly -d seedbox.hadopi.fr --agree-tos -m [email protected] 4096 --standalone

On configure nginx :

nano /etc/nginx/conf.d/seedbox.conf

Et hop (à adapter bien sûr) :

server {
 listen 80;
 server_name seedbox.hadopi.fr;
 return 301 https://seedbox.hadopi.fr$request_uri;

 access_log /dev/null;
 error_log /dev/null;
}

server {
 listen 443 ssl http2;
 server_name seedbox.hadopi.fr;

 access_log /var/log/nginx/flood-access.log;
 error_log /var/log/nginx/flood-error.log;

 location / {
  proxy_pass http://127.0.0.1:3000/;
  proxy_set_header Connection "";
  proxy_set_header Host $host;
  proxy_set_header X-Real-IP $remote_addr;
  proxy_pass_header X-Transmission-Session-Id;
 }

 ssl_certificate /etc/letsencrypt/live/seedbox.hadopi.fr/fullchain.pem;
 ssl_certificate_key /etc/letsencrypt/live/seedbox.hadopi.fr/privkey.pem;
 ssl_trusted_certificate /etc/letsencrypt/live/seedbox.hadopi.fr/chain.pem;

 ssl_protocols TLSv1.2;
 ssl_ecdh_curve secp384r1;
 ssl_ciphers EECDH+AESGCM:EECDH+AES;
 ssl_prefer_server_ciphers on;
 resolver 80.67.169.12 80.67.169.40 valid=300s;
 resolver_timeout 5s;
 ssl_stapling on;
 ssl_stapling_verify on;
 ssl_session_cache shared:SSL:10m;
 ssl_session_timeout 5m;
 ssl_session_tickets off;
}

Et peut démarrer Nginx :

service nginx start

Et voilà ! J’avoue, l’article est un peu long, mais ça vaut le coup non ? Pouvoir télécharger des ISO Linux avec style, c’est pas donné à tout le monde. 😎

Je vous laisse avec quelques captures d’écran (ce client tellement bien fini, y’a même des petites animations) :

On remarque qu’il y a même une traduction française intégrée 🙂

Dans un prochain article, on verra comment streamer tout ça depuis sa seedbox. À suivre !

Sources :


Si vous n’avez pas le temps ou les compétences pour installer Flood, je peux le faire pour vous.

Dernière modification le 6 novembre 2016.

Angristan

Stanislas - 17 ans - Lycéen passionné d'informatique, de technologie et de high-tech. Sysadmin junior, adepte des logiciels libres, de GNU/Linux et d'Android. Music addict.

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37 Commentaires sur "Seedbox : installer le client torrent Flood sous Debian 8"

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syndrael
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syndrael

Bon article.
Honnetement je ne suis pas branché Torrent, surtout pour cet usage 🙂
Très utile pour récupérer néanmoins des iso de linux, j’utilise Deluge depuis ma seedbox.
Peut-être plus simple à installer..

Damien
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Damien

Hello !

Quand je tape systemctl daemon-reload
Voici la réponse :
Failed to get D-Bus connection: Unknown error -1

Merci d’avance 🙂

Antek
Visiteur

J’ai un petit problème lorsque j’ajoute un torrent le téléchargement ne se lance pas je ne sais pas d’ou ça peut venir

Limace
Visiteur
Limace

Salut,

j’ai tenté d’effectuer ce tutoriel sur un raspberry pi3 avec raspbian installé dessus mais lors de l’étape de l’ajout du script d’init pour Systemd il me resort une erreur au lancement de celui-ci (rtorrent.service)

Quand je regarde le status la ligne suivante pose problème :

ExecStart=/usr/bin/screen -d -m -fa -S rtorrent /usr/local/bin/rtorrent

Quand je recherche dans /usr/bin/ le « screen » il n’est pas là …

Est-ce qu’il y a une alternative ou quelque chose :/

Merci d’avance

Arnaud Minable
Visiteur
Arnaud Minable

Salut,

Chouette article bien complet !

Juste une question de la part d’un utilisateur de rtorrent/Rutorrent qui doit réinstaller sa seedbox qui vieillit sur une Wheezy :
Y a t-il la gestion du déplacement de fichier (copie, liens symboliques, hardlink, etc..) en fin de téléchargement à l’instar de Rutorrent ?

Dans l’affirmative je pense passé sur flood car son look et plutôt sympa 🙂 (bien que ccela ne serve à rien bien entendu ^^)

Comète
Visiteur

Juste pour mentionner autre chose de moins connu mais tout aussi efficace, multi plate-forme (linux, windows, BSD), léger (un simple exécutable) et pas limité uniquement aux torrents, j’utilise aria2 avec son interface web ‘Aria2 WebUI’ .
Aria2 peut évidemment télécharger des torrents mais aussi le même fichier via plusieurs serveurs miroir HTTP, FTP, etc.. en même temps. Ou prendre une liste d’url dans un fichier texte en paramètre pour les télécharger. Bref, un outil en ligne de commande extrêmement paramétrable, scriptable à volonté. Attention, beaucoup d’options mais ça vaut le coup de s’y pencher.

Flemzord
Visiteur

Pourquoi utiliser des screen ? Tu peux pas le faire proprement avec des services ?

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