Shadow : le PC du futur ? | Angristan
Shadow : le PC du futur ?

Shadow : le PC du futur ?

Shadow est un service de cloud gaming par Blade permettant de jouer à distance. Contrairement à d’autres services de cloud gaming comme LiquidSky ou Nvidia Grid, Shadow est en fait plus un service de cloud computing, c’est à dire qu’il n’est pas réservé qu’aux jeux vidéos mais donne accès à « PC » quasi-complet sous Windows 10.

Petit disclaimer : je n’utilise plus le service depuis 2 mois, donc les informations que je donne ne sont peut-être plus à jour, étant donné que je ne m’y intéresse plus vraiment. Aussi, cet article est long (le plus long de très loin sur ce blog), ce qui explique le délai. J’ai probablement oublié des choses, il y a des sujets que je n’ai pas détaillé au maximum, et étant donné que j’ai écrit ça au fil de mes pensées et de mes souvenirs, tout n’est pas forcément bien organisé. Bien entendu, j’expose ici ma propre expérience, de décembre 2016 à juillet 2017, mon propre point de vue et mon avis sur Shadow. J’espère que l’article vous intéressera, je me suis donné du mal ! 🙂

Sommaire

Introduction

En fait, on peut parler de cloud pour faire joli, mais ce n’est un qu’une machine virtuelle KVM avec un GPU à laquelle on accède via un VNC amélioré.

Les specs de la VM sont :

  • 8 threads (ou 4 coeurs avec hyperthreading si vous voulez) virtuels d’un Xeon E5-2620 v4
  • 12 GB de RAM
  • Une Nvidia GeForce GTX 1070 dédié
  • Un disque dur virtuel de 256GB (sur un cluster de SSD)
  • Et une connexion d’environ 1 Gbps (sur un port 10 Gbps)
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On va pas se mentir, ce sont des specs de malade.

Prix :

  • 30€ par mois sur engagement d’un an
  • 40€ par mois sur engagement de 3 mois
  • 45€ par mois sur engagement sans engagement

J’ai choisi la dernière option, « pour tester », et j’ai bien fait. (Comment ça je spoil ?)

Sympa tout ça, mais comment qu’on s’en sert ? Avant tout chose…

L’attente

Je pense que vous avez compris en gros ce qu’est Shadow. Avant de rentrer les détails, on va parler d’attente et de patience. En effet ça a été la majeure partie de mon expérience chez Shadow.

Attendre. Se faire promettre des dates et des délais. Et on décale, on attend, on patiente, on promet…

Je pourrai écrire un roman en ce qui concerne tout ce qui concerne mon expérience avant que je reçoive mon Shadow en chair et en os, c’est à dire le boîtier permettant de se connecter à la VM. À vrai dire j’écris cet article un peu tardivement donc je ne saurai me rappeler de tout ce qui c’est passé en détails, mais je vais essayer de résumer.

Je me suis intéressé à Shadow en novembre 2016. À l’époque, aucun client, la startup n’en n’est qu’à ses débuts. Shadow ouvre les précommandes pour les « Early Birds », c’est à dire les 500 premiers clients, ceux-ci étant censés recevoir le produit « vers noël ».

J’ai hésité, mais je n’ai pas précommandé. Le concept est inédit, il n’y pas encore de feedback de disponible sur le produit… C’est encore un peu mystérieux, donc je vais garder mes 45€ au chaud en attendant d’en savoir un peu plus.

Les early-birds reçoivent leur boîtier le 31 décembre, dans les délais donc. Il ressemble à ça :

Shadow pc cloud gaming avis
Photo par CanardPC
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Photo par CanardPC

Globalement ça se passe bien, même si les early birds sont en fait comme des beta-testeurs : il y a encore plein de bugs, de fonctionnalités manquantes, etc. Il essuient les plâtres et permettent à Shadow de se préparer à un nombre plus important de clients.

Je me décide à précommander mon Shadow. En effet, le prochain « batch » de commandes est prévu pour mars 2017. Il y a environ 2000 ou 3000 places de mémoire. Je prends un engagement de 1 mois, donc 45€.

Le 24 février, on nous annonce par mail que ça va être tendu et que les boîtiers seront livrés fin mars.

Le 15 mars, on nous annonce que la date de lancement est repoussée au 20 avril 2017. Tranquille. Il expliquent en détails toutes les difficultés de production qu’ils rencontrent. C’est une startup, ils n’ont pas géré leur coup à la perfection, on ne peut rien faire d’autre que attendre.

Le 7 avril, encore plus de problème avec production des boîtiers. Il ne seront pas prêt le 20.

Je vous passe les détails, mais Shadow explique à chaque fois en détail les raisons du retard, jusqu’à nous expliquer les différentes pièces du boîtier, où se trouvent les fournisseurs, etc. On a peu de nouvelles, mais quand on en a, c’est détaillé.

Shadow essaye de compenser le retard en annonçant donner un accès aux VM via les applications Windows, macOS et Android le 20 avril.

Finalement, le jour J, c’est un bordel complet, les VMs sont lâchées au compte goutte, et tout le monde essaye de se connecter en même temps. Ils rencontrent des problèmes de stockage en plus, bref, tout le monde n’aura pas accès à son Shadow le 20 avril.

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Ensuite, Shadow met en place un système de récompense, du style une par jour à partir du 20 avril tant qu’on n’a pas reçu notre boîtier. De mémoire il y a eu un jeu indé Steam, un jeux AAA Steam (j’ai eu Prey), des coupons de réduction LDLC, un verre offert dans un bar Meltdown, etc. On avait un onglet dédié dans notre espace client, mais il n’y est plus, donc je ne pourrai pas être plus précis.

Bon, c’est très gentil, c’est toujours mieux que d’attendre sans rien, mais j’aurai quand même préféré recevoir mon Shadow sans retard. 🙂

Quelques jours après avoir eu accès à mon Shadow, un bug m’empêche de me connecter. Impossible d’obtenir une réponse, que ce soit en harcelant sur Twitter, Facebook, Discord… Le support a mis une semaine à me répondre. En attendant, je n’avais qu’à attendre et être frustré.

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On passe les détails, finalement je reçois mon boîtier le 18 mai. 2017, quand même hein. Pour une livraison prévue en mars…

Si je ne dis pas de bêtises, ceux qui ont commandé leur Shadow pour juin ne l’ont toujours pas reçu non plus. Hum.

Clairement, Shadow a très mal géré son lancement, les problèmes de productions ne sont que partiellement de leur faute, je me doute bien qu’ils cherchent également à proposer le meilleur service possible, mais autant de retards consécutifs est extrêmement frustrant pour les clients.

Malgré les promesses non-tenues, je dois bien dire que l’équipe de communication (coucou Adélina et Victor si vous lisez ça) s’est donné beaucoup de mal que ce soit sur Twitter, Facebook, YouTube, Discord, sans oublier les lives Periscope même en pleine nuit et les nombreux AMA. Néanmoins je ne peux pas dire que la communication est le point fort de Shadow, pendant toute cette période d’attente on était souvent laissé dans le flou, mais c’est peut-être aussi lié au fait que Blade l’était aussi.

Dernier point sur l’attente : le support. Je l’ai contacté plusieurs fois durant mes plusieurs mois chez Shadow et à chaque fois il faut attendre plusieurs jours entre chaque réponse. Le support était complètement surchargé, donc c’est « normal », mais encore une fois, Shadow a mal prévu son coup.

Bon, maintenant que vous avez compris que mon expérience client était très mauvaise voire vraiment nulle durant mes 6 mois chez Shadow, passons au service en lui-même.

Le client logiciel

Pour compenser le retard pris par la livraison, Shadow a mis à disposition ses clients logiciels plus tôt que prévu, qui étaient déjà en beta avec les early-birds.

Sont donc disponibles les clients Windows, macOS et Android. Un client iOS était prévu, je ne sais pas si il est disponible. Un client Linux est aussi prévu, mais ce n’est clairement pas la priorité, ce que je peux comprendre. Pourtant Shadow peut-être un service intéressant pour ceux qui utilisent Linux en tant qu’OS principal et qui ne veulent pas faire de VM ou de dual-boot.

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Évidemment, le client est sorti en vitesse (il était prévu pour plus tard mais le retard sur les boîtiers a précipité sa sortie) et comporte de nombreux bugs. Différentes révisions du client ont vu le jour au fil des retours des utilisateurs et du travail des développeurs.

Le client fonctionne comme un client VNC/bureau à distance classique, ou comme avec une machine virtuelle, en capturant la souris et le clavier. Il reste bien plus performant au niveau de la qualité d’image et de la latence qu’un client VNC, mais pour ma part je le trouve limite utilisable pour du gaming, sauf peut-être pour des jeux qui ne demandent pas une latence faible (clairement pas des FPS par exemple). Après ça doit aussi dépendre du PC. J’ai vu des vidéos du client macOS avec un Macbook Pro ou encore Android sur smartphone et tablette, et même sur Chromecast. Techniquement, même en 4G vous pouvez jouer à un jeu AAA sur votre téléphone avec une super qualité d’image. Mais dans tous les cas, la latence empêche d’avoir une expérience de gaming viable selon moi.

Aussi, la qualité d’image n’était pas excellente sur mon client Windows 10, malgré le fait qu’on puisse régler la qualité sur 4 niveaux, le niveau le plus élevé consommant le plus de ressources et le plus de bande passante. J’ai parfois eu quelques artefacts et le fait d’augmenter la qualité augmentait aussi la latence.

Quel que soit le client, il faut bien sûr avoir une grosse connexion, c’est à dire fibre optique en ethernet ou avec du wifi AC si possible, et 4G, mais genre vraie 4G ou 4G+.

Sur mon OnePlus 3, j’ai testé le client, mais je l’ai peu utilisé : en tant que PC normal, ce n’est pas utilisable sur du 5.5″, et je n’ai pas de manette me permettant de jouer. De toute façon la taille de l’écran est trop petite pour jouer convenablement. Une tablette serait plus appropriée.

Sur mon PC Windows 10 avec un i3-U et une GeForce 830M, je dois bien dire que l’expérience n’était pas très convaincante.

Le client matériel

Le boîtier en soit n’est qu’un client pour accéder au Shadow. Mais c’est le client le plus optimisé pour ce faire. Il n’appartient pas au client, c’est comme les box des FAI : Blade le prête au client, et il doit le rendre en cas de résiliation. En cas de casse ou quelconque détérioration, le client doit payer 250€.

L’emballage du boîtier est vraiment chouette, on retrouve bien une cohérence graphique sur le produit. Les instructions de base sont données, on n’est pas perdu en recevant le boîtier.

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Les problèmes liés aux antivirus et aux pilotes Nvidia ont été réglé récemment.

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Quant au boitier en lui-même, on peut le qualifier d’OVNI… Je sais même pas comment on appelle ce genre de forme géométrique. En tout cas, on ne peut pas dire qu’il est pas original !

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Sur une des « faces » du boîtier, que l’on peut qualifier de socle, on retrouve un espace permettant de faire passer le flux d’air accueillant des LEDs RGB. Il n’y a qu’à l’allumage où l’on peut apercevoir les différentes couleurs, le reste du temps seul le rouge est allumé, comme l’on peut s’y attendre. Dans le futur, on pourra probablement customiser celles-ci un peu plus.

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4 petits pads en silicone sont fournis. J’ai choisi de les mettre sur la face qui me paraissait la plus adaptée, mais finalement on peut mettre le Shadow dans un peu n’importe quel sens.

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Malheureusement, j’ai reçu mon boîtier en relativement mauvais état. Rien de grave, heureusement, tout est fonctionnel. Mais j’ai plutôt eu l’impression d’un boiter déjà usagé. En effet le matériau utilisé pour faire les faces semble être un plastique bien solide, mais qui prends néanmoins les traces de doigts, la poussière et les rayures vitesse grand V. J’ai contacté le support qui m’a affirmé que les rayures étaient un cas exceptionnel.

L’alimentation est fournie avec, bien sûr :Shadow pc cloud gaming avisElle peut délivrer 65W maximum, on est donc loin d’un PC gaming avec plusieurs centaines de watts, mais on se rapproche tout de même d’un gros ordinateur portable.Shadow pc cloud gaming avis

Le boîtier contient une carte SD embarquant une distribution Linux, je ne sais pas laquelle, avec GRUB, et qui boot directement sur le client VNC modifié de Shadow. Quand on démarre le boîtier, il démarre la VM à distance en même temps. Et quand on éteint le boîtier (depuis le menu du boîtier et pas depuis Windows), la VM s’éteint en même temps.

La carte SD est inaccessible, ainsi que tout ce qui est dans le boîtier. Enfin techniquement on peut démonter le boîtier, mais c’est interdit. Le boîtier est effet juste une location, comme je l’ai expliqué plus haut.

À l’intérieur du boîtier se trouve une carte comparable à un gros Raspberry Pi, spécialement pour le Shadow, contenant un APU AMD. Shadow a pour but, à terme, de faire un boiter sans ventilateur, mais pour le moment il y en a un, et il est très bruyant.

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Prototype d’un Shadow chez Numerama

Je me suis permis d’aller dans le BIOS pour regarder un peu tout ça, même si je suppose qu’on n’a pas vraiment le droit, et il se trouve que le ventilateur avait pour niveau minimum 50% (de tours par minute). Donc même si le Shadow n’est pas sous une grosse charge, le ventilateur tourne assez vite. J’ai donc baissé le niveau minimum à 10%, ce qui m’a permis de me reposer les oreilles lorsque je n’utilisais pas le Shadow pour du gaming ou autre activité entraînant un gros flux vidéo.

En jeu, l’APU tourne à fond, et le Shadow chauffe bien, ce qui fait tourner le ventilateur beaucoup. Ça reste moins bruyant qu’un PC gaming classique selon moi, mais c’est clairement un point à améliorer.

Niveau connectique on a le droit à 2 ports USB 3.0, 2 ports USB 2.0, un port ethernet gigabit, 2 ports DisplayPort et une prise jack.

Les 2 couples de ports USB sont un peu spéciaux. De ce que j’ai compris, à l’arrière on a 2 ports USB 3.0 qui sont gérés directement par Windows (en TCP, je crois), tandis qu’à l’avant, ils sont gérés uniquement par le boîtier (en UDP, je crois). Le ports à l’avant permettent une latence très faible, et sont donc prévus pour clavier/souris, tandis qu’à l’arrière on sera sur d’autres types de périphériques. Ce n’était pas hyper clair, et la gestion des ports est susceptible de changer. Au final on n’a pas 4 vrais ports USB, mais bon je m’en suis sorti personnellement.

Concernant les ports DisplayPort, rien à déclarer. Shadow a fait le choix de ne pas utiliser des ports HDMI malgré le fait que ce soit une connectique plus répandue puisque premièrement c’est un port propriétaire qui nécessite une licence, et deuxièmement puisque du 144Hz nécésssite du HDMI 2.1. Avec Display Port, pas besoin de norme ni de licence. Malheureusement, Shadow n’a pas trouvé moyen malgré son retard énorme de fournir des adaptateurs DP <-> HDMI. Si je me souviens bien ils avaient un problème de production ou ils avaient des problèmes de compatibilité. Je m’en suis donc procuré un sur Amazon pour environ 8€. C’est pas énorme, mais ce n’est pas le genre de surcoût qui met de bonne humeur surtout avec un retard pareil.

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L’emplacement dédié à l’adaptateur est vide pour les martiens.

Quelques semaines plus tard, ils ont proposés à ceux qui n’en n’avaient pas de leur en envoyer gratuitement. Mieux vaut tard que jamais, mais c’est peut-être un peu tard pour le coup.

Concernant le boîtier, la prise jack est trop enfoncée ce qui bloque les embouts trop gros. Ça me parait tellement énorme que je ne comprends pas comment ça a pu passer en production. Apparemment ce souci est réglé avec le boîtier prévu pour le prochain batch de livraison, et ceux qui ont encore le Shadow vont recevoir des extensions jack.

La communauté

Le pilier de la communauté est le serveur Discord de Shadow :

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Il y a différents channel, c’est ici que les utilisateurs de Shadow peuvent discuter entre eux, et parfois aussi avec l’équipe (pas facile d’obtenir une réponse la plupart du temps). C’est aussi le meilleur moyen d’obtenir les infos et les nouvelles de la part de Shadow, même les newsletters sont aussi repostées dans le canal annonces.

La plupart du temps quand on a un problème il faut compter sur les autres utilisateurs pour obtenir de l’aide, on obtient rarement une réponse des CM, et le support met plusieurs jours à répondre.

Il y a également un forum, mais personnellement je n’y suis jamais allé, il est peu actif.

Shadow et le gaming

Passons à l’aspect le plus important du Shadow : son utilisation avec les jeux-vidéo.

Le Shadow fait tourner n’importe quel jeu qui tourne sous Windows 10. La seule exception c’est Forza, si je me souviens bien, car le jeu crée une machine virtuelle pour tourner, or le Shadow est déjà une machine virtuelle et la création de VM dans le Shadow n’est pas activée pour éviter les abus.

Niveau GPU, on a accès à une Nividia GeForce GTX 1070 de chez Asus. Bien que 4 GB de VRAM soient affichés, d’après ce qu’on m’a dit on a bien accès au 8 GB. En effet, contrairement à la RAM ou au CPU, la carte graphique est dédiée. Quand vous allumez votre Shadow, votre VM s’allume à distance et choppe une GTX de disponible dans le datacenter de Shadow. Elle n’est utilisée que par votre VM jusqu’à que vous l’éteignez. C’est pourquoi si on laisse allumé notre Shadow tout le temps, ce n’est pas très rentable pour Blade, mais par contre on a de très bonnes performances et constantes dans le temps.

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Télécharger des jeux est une partie de plaisir, la connexion gigabit permet de télécharger des gros jeux en un clin d’œil, et le CPU ainsi que le stockage performants permettent d’extraire et d’installer les fichiers tout aussi rapidement.

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En passant, petit test du « disque ». On est largement au dessus d’un SSD en termes de lecture, peut-être à cause d’un système de cache sur le cluster de stockage, et en écriture c’est du très bon.

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Quelques informations sur le CPU :

Shadow pc cloud gaming avisD’ailleurs, au début seuls 3 coeurs / 6 threads étaient prévu, mais la fréquence n’étant pas très haute, Blade fournis 1 cœur / 2 threads de plus.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le Shadow fait littéralement de « l’écran over IP » si je puis dire. Le flux vidéo de la VM est directement envoyé en UDP au Shadow qui décode matériellement et qui affiche à l’écran. Ainsi, si vous affichez votre bureau, le flux utilisera à peine quelque Mbps, mais en jeu, cela monte à plusieurs dizaines de Mbps. Shadow a choisi d’utiliser un flux H.264, le H.265 étant plus léger en bande passante, mais consommant plus de ressources pour décoder. Il faut quand même se rappeler que l’objectif c’est d’avoir le moins de latence possible.

On peut régler la qualité en appuyant sur le bouton d’allumage sur Shadow ou via un raccourci clavier :

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Le bouton power en bas à droite est le bouton qui permet d’éteindre le boiter et la VM proprement.

Là c’est le panneau de configuration du boîtier en lui-même, en local.

En jeu, je consomme généralement 40 Mbps en download, mais sur certains jeux comme Rocket League je monte parfois à 300 Mbps quand la qualité du jeu et du Shadow est au max. C’est juste beaucoup trop.

Au moment où j’écris l’article, on peut choisir la qualité par débit directement, et une option pour changer la qualité automatiquement est en beta, et elle permet de consommer moins de bande passante.

Petit aparté, la consommation de bande passante me parait être un problème à terme : imaginez 5000 clients qui jouent en même temps et qui utilisent 50 Mbps de bande passante. Ça fait 250 Gbps de bande passante pour Blade. Et encore, les 5000 client sont déjà dépassés avec le prochain batch… D’une part, avoir un réseau de cette capacité va leur coûter une fortune, ça va poser des problèmes croissance. Et puis ça me parait être un gâchis d’énergie énorme, ça sature les tuyaux des FAI alors que si t’as ton PC en local, ton câble HDMI il consomme rien.

En jeu, avec la qualité de streaming au maximum, c’est vraiment bluffant, on a l’impression d’avoir le PC en local, et la GTX 1070 permet de pousser les graphismes à fond. Cependant, j’ai trouvé que la qualité du streaming influe aussi sur la latence.

Finalement, ça dépend des jeux, mais je me retrouve souvent à jouer en medium ou en high, pour éviter d’avoir cette latence très frustrante. Après quand je parle de latence, on parle de quelques centaines de ms max, il faut avoir un peu d’expérience de gaming derrière soit pour la sentir. Le défi technique relevé par Shadow est vraiment très impressionnant, quoi qu’on pense du produit.

Blade dispose de sa propre AS et de son propre réseau. Ils ont signé des contrats de peering avec la plupart des FAI en France, même les plus petits comme K-Net, et ils commencent à préparer leur expansion en Europe.

Au niveau réseau sur le Shadow, notre VM est derrière du NAT, pas d’IPv4 dédiée, rien d’étonnant vu le prix et la pénurie d’IPv4. Cela peut poser problème en cas de bannissement d’un jeu ou d’une plateforme en ligne, les autres utilisateurs de l’IP étant pénalisés.

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Pas d’IPv6 natif 🙁

C’est aussi pour éviter de pouvoir transformer le Shadow en serveur etc. Si on prend les specs de la VM, 30€ par mois c’est complètement donné. D’ailleurs, Blade a dit que pour le moment ils étaient assez permissif à l’utilisation, mais que si il commençait à y avoir des gens qui utilisaient le Shadow pour faire une seedbox, pour miner du Bitcoin, etc, ils allaient devoir être plus sévères dans leurs CGU. Ça me parait inévitable, proposer une VM avec specs à ce prix là, ça va forcément être abusé, surtout quand ils auront beaucoup de clients.

Tiens d’ailleurs, les hyperviseurs sont sous Linux, mais bon en même temps pour faire du KVM ce n’est pas très étonnant.

Le Shadow se connecte directement à un serveur VNC à l’intérieur de la VM, qui est séparé de la session Windows. On peut donc se connecter, se déconnecter, et bien sûr configurer Windows la première fois qu’on accède à la VM.

Au bout de quelques jours d’utilisation, on peut voir ce qu’a consommé le Shadow pour le streaming, c’est assez énorme.

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Pour ma part, j’ai utilisé le Shadow dans ma chambre ou mon équipement réseau me limite à 100 Mbps. D’une manière générale, c’est suffisant, puisque en moyenne un jeu consomme 40 Mbps. Cependant, sur certains passages avec beaucoup de mouvement, il y a des pics de bande passante qui dépasse 100 Mbps et l’image se pixelise un peu, donc je suis obligé de réduire la qualité.

Dans des jeux comme Overwatch, CSGO, en qualité Ultra (je parle bien de la qualité du Shadow), ces pics sont assez rares. J’en ai quelques un dans GTA V si je suis dans une belle voiture et que je vais au delà de la vitesse légale. 😛

Dans Rocket League… Nope.

J’ai essayé en étant connecté à ma box directement, et aucun souci. C’est ce que je vous conseille de faire de toute façon pour avoir le moins de latence et toute la bande passante de disponible.

Pour info, j’habite en Ile-de-France, et j’ai la fibre Orange avec 920 Mbps en down et 260 Mbps en up.

J’ai récupéré l’IP de mon Shadow et je l’ai ajouté à mon SmokePing pour avoir une idée de la latence :

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En gros, je pense qu’on peut faire difficilement mieux comme connexion pour accéder au Shadow. Je suis presque dans le datacenter quoi.

Comme je l’ai déjà dit, avec la qualité en ultra, on a vraiment l’impression d’avoir le jeu en local, les couleurs, le bitrate ou encore le framerate de l’image sont vraiment indifférenciables. D’ailleurs, Shadow conseille de désactiver tout ce qui est technologie de synchronisation verticale d’image (V-Sync, FreeSync, Gsync…). En effet, ça ne fait que rajouter de la latence puisque le Shadow intègre un système qui le fait nativement dans tous les jeux, ce qui permet d’avoir une image très fluide dans n’importe quel cas.

Pour info, le Shadow supporte au maximum du 1080@144hz et de la 4K@60Hz, ainsi que le dual screen mais je crois qu’il ne fonctionnait pas encore au moment où j’avais mon Shadow. Dans mon cas, j’avais un écran 1080p et 60Hz.

Malgré l’image magnifique, je sentais une latence entre le moment ou je bougeais ma souris et le moment ou l’image bougeait à l’écran. Plus la qualité de l’image était bonne, plus la latence était importante. C’est une latence de quelques centaines de millisecondes à tout casser, mais c’est clairement perceptible en jeu.

Au final, je jouais le plus souvent en medium, afin d’avoir une image pas trop dégeu et une latence potable. Ce qu’il faut savoir c’est que même en low, l’image reste potable. Je repassais en ultra dès que je ne jouais plus.

En low, la latence est imperceptible sur certains jeux ou très faible sur d’autres. Je tiens à montrer mon respect envers Blade qui a quand même réussi à faire un PC de gaming presque similaire à un PC local, mais à travers internet. C’est extraordinaire d’avoir aussi peu de latence compte tenu le chemin que doivent parcourir les informations entre le moment où on bouge la souris et où l’image s’affiche à l’écran !

Sur certains jeux comme Prey, même en low et en étant connecté à la box, il y avait toujours une latence qui rendait le jeu injouable.

En somme, le défi technique relevé par Shadow est énorme, et ils ne sont pas loin du but, mais dans des FPS on a besoin d’une latence extrêmement faible, ce qui rend pour moi le Shadow pas viable pour jouer. Après, c’est ma perception des choses, d’autres utilisateurs semblent être satisfaits. Peut-être ne ressentent-ils pas la latence ou en ont moins que moi.

Finalement, je préférais quand même jouer sur mon PC portable, bien qu’ayant des specs bien moindres, l’absence de latence fait beaucoup de bien et en comparant les deux la différence est évidente, bien que vraiment minime.

Concernant les accessoires, les manettes, etc, Shadow a travaillé pour qu’un grand nombre de ceux-là soient fonctionnels avec le Shadow, certains fonctionnant out-of-the box et d’autres demandant un peu plus de travail. Si vous comptez jouer avec une manette de PS4 ou de Xbox, aucun souci donc. D’ailleurs, certains mettent leur Shadow à côté de leur télé et jouent à des jeux à la manette. Bon compromis entre un PC et une console de salon ?

J’ai eu pas mal de problèmes avec le son, j’ai vraiment pas la foi de tout ré-expliquer, alors je vous cite mon message au support, envoyé le 25 mai 2017 :

Bonjour, j’ai quelques problèmes avec le son.

Les prises jack sont trop enfoncées, ce qui bloque certaines prises jack mâle.

En jeu, je n’ai testé que OW pour le moment, le son est décalé d’environ 1s. Mais seulement en jeu et via la prise jack.

J’utilise du coup un DAC Fiio E10k en USB pour le son. Parfois, en changeant la qualité du stream, le son se met à grésiller. Solution : changer la qualité jusqu’à que ça revienne.

Des fois le son le sort plus par le DAC, et parfois il sort par mon écran (je ne vois pas trop pourquoi). Je dois appuyer sur le bouton du boitier pour que ça reco les périphériques, et ça revient. Si j’étais en train de regarder une vidéo, je dois la relancer par contre.

Enfin dernier souci, assez embêtant pour du gaming : j’ai un micro USB, mais il est bugé avec mon DAC (que je suis obligé d’utiliser). Dans Discord, si je me co à un salon vocal, le DAC se déconnecte et je dois galérer pour le reconnecter à nouveau. Impossible de faire fonctionner les deux ensembles.

Ah et aussi le son qui sort par le prise jack a des sortes de micro coupures, comme si ça lagait mais c’est assez difficile à expliquer par écrit.

Enfin bref, voilà mon feedback sur la partie son, qui n’est pas très opérationnelle de mon côté.

Cheers 🙂

Pour terminer cette partie gaming, parlons des systèmes anti-triches. Le Shadow n’a aucun souci à ma connaissance sauf sur CS:GO. En effet, je suppose que les logiciels qui permettent au Shadow de capturer l’écran, la souris etc, sont considéré comme des logiciels de triche. J’étais un peu surpris quand je me suis fait kick par le VAC de Valve en pleine partie compétitive, mais c’était déjà un problème connu, je n’étais pas au courant.

Blade a pris contact avec Valve, et depuis le 20 juillet, le Shadow n’est plus détecté par le VAC.

Ah oui, n’espérez pas jouer avec le client logiciel, la latence et la qualité d’image sont encore pires, vraiment au dessus de la limite de « potabilité » selon moi.

Shadow en tant que PC

Bien que le Shadow soit orienté vers une communauté de gamers et pour du gaming, ça reste une VM sous Windows 10, et on peut donc faire à peu près tout ce qu’on veut dessus, que ce soit de la navigation web, du streaming de vidéo, de musique, du montage, de la bureautique, du graphisme, du développement…

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Moi ce qui me gêne quand je ne joue pas avec le Shadow, c’est la qualité de l’image : même en ultra, elle n’est pas très bonne et on peut voir des couleurs un peu délavées ou ressentir que l’image n’est pas aussi nette qu’en local. L’avantage c’est que ça consomme très peu de bande passante, mais c’est dommage. Ça n’empêche en rien l’utilisation et je suis certain que c’est améliorable via une mise à jour.

Là ou l’image est vraiment de bonne qualité, c’est soit en jeu, soit en lecture vidéo. D’ailleurs, le Shadow est capable de lire des vidéos 8K sur Youtube sans galérer.

Concernant la latence, elle est bien moindre qu’en jeu. Elle est très très légèrement perceptible, mais que en ultra.

Mais qui dit utilisation classique d’un PC dit sécurité et vie privée. D’une part, vous ne contrôlez plus vos données. Blade possède votre VM et en fait ce qu’il veut. Il font des sauvegardes toutes les 2 semaines, les données sont donc dupliquées, et vous n’avez pas de contrôle dessus. Techniquement après ma résiliation, Shadow est censé supprimer mes données après un certain délai. Mais vu le bazar interne que c’est, ça ne m’étonnerait pas que mes données traînent quelque part chez Shadow depuis 2 mois.

Blade peut également décider de couper votre VM si ils estiment que vous enfreignez les CGU.

Évidemment, tout est stocké en clair de leur côté, mais le plus problématique c’est que le flux vidéo c’est un flux non chiffré. C’est complètement dingue, c’est comme si vous laissiez n’importe qui se connecter à votre écran. Après, pour analyser un flux vidéo d’un tel débit, faut être motivé. Mais à partir du moment ou c’est en clair, tout est possible. Le raison pourquoi le flux n’est pas chiffrée est évidente : la latence. Le but de Shadow c’est d’avoir une latence quasi-nulle.

Je ne sais pas si les flux des ports USB sont aussi en clair, mais je suppose que c’est le cas. Vos frappes au clavier et les fichiers que vous transférez sur vos clés USB ou supports de stockage sont transférés en clair à travers internet.


Edit : Si l’aspect sécurité vous intéresse, il est évoqué à la fin de cet article de Next INpact.

Mais bon quand je vois ça….

Blade a toujours indiqué avoir une gestion très responsable des données et des machines. Contractuellement et légalement, elle ne peut y accéder sans l’accord de l’utilisateur. Elle nous a aussi déclaré ne pas pouvoir accéder à une machine protégée par un mot de passe Windows par exemple, ses outils ne lui permettant pas.

Lol.


Après, utiliser un PC avec un Xeon, 12 GB de RAM et la fibre, c’est plutôt agréable, surtout sur les sites web avec beaucoup de JS. 🙂

Finalement, je ne vois pas quel avantage on peut avoir d’utiliser un Shadow à la place d’un PC local surtout si on n’a pas besoin de la carte graphique : ça apporte beaucoup de désavantages. Aussi il ne faut pas oublier que le Shadow est complètement dépendant de la connexion : une coupure d’internet ou une panne chez Shadow et c’est terminé.

Je vous laisse l’avis d’un vidéaste dans le cas d’usage du montage vidéo :

Ça me fait penser que si vous vous intéressez à Shadow, faites attention aux tests que vous lisez sur Internet. La plupart des sites ou des Youtubers qui testent Shadow sont en contact direct avec Blade. Certains ont des partenariats, donc vous savez ce que ça veut dire, mais dans tous les cas ils n’ont pas l’expérience d’un client lambda, comme vous avez pu le voir dans mon paragraphe sur l’attente. Et pourtant, c’est un aspect très important du service, justement parce que c’est un service et que ça en dit long sur celui-ci.

Le prix

Aspect important du service : le prix.

Je rappelle les tarifs :

  • 30€ par mois sur engagement d’un an
  • 40€ par mois sur engagement de 3 mois
  • 45€ par mois sur engagement sans engagement

Objectivement, un Shadow est très peu onéreux par rapport à ses caractéristiques, mais ça représente tout de même une certaine somme tous les mois.

Mettons que le Shadow soit équivalent à une configuration PC dans les 1000€. Si vous payez votre Shadow sur 3 ans avec engagement d’1 an à chaque fois, ça vous revient à 1080€.

D’un part, le Shadow sera mis à jour au fil du temps (selon Shadow, si ils tiennent leurs promesses), c’est à dire que l’année prochaine on aura une 1170, etc. (Ça me parait complètement fou et totalement pas rentable de faire ça, mais soit). Néanmoins, au bout de 3 ans, si vous résiliez, vous perdez vos 1080€. J’ai perdu environ 100€ avec mon Shadow, je ne les reverrai pas. Il faut aussi prendre en compte la réduction sur la facture d’électricité.

D’autre part, un vrai PC, au bout de 3 ans, il n’a pas bougé. Mais par contre on peut revendre les pièces pour une partie du prix initial si on veut upgrade des pièces ou s’en séparer.

Il y a des avantages et des inconvénients aux 2, c’est un choix à faire.

Aussi, Shadow va sûrement se diversifier avec le temps, ils commencent déjà à ajouter un système de stockage plus modulaire, mais on peut imaginer tout un tas d’offres avec différents CPU, GPU, plus ou moins de RAM, du HDD, du SSD, etc. Voire même des offres sans GPU pour une utilisation légère d’un PC, mais profitant des technologies développées par Shadow.

D’ailleurs, Blade ne s’en cache pas : ils commencent par une offre orientée gaming puisque c’est la plus exigeante en termes de specs et de latence, et une fois que celle-ci est satisfaite alors n’importe quel utilisateur sera satisfait. Je pense aussi que la communauté gaming leur permet d’avoir beaucoup de visibilité (youtubers gaming, joueurs pro, Paris Games Week, communautés en ligne, bars Meltdown, sites spécialisés, etc).

M’enfin bon si c’est pour de la bureautique, je ne vois pas l’intérêt de prendre un Shadow et toutes les contraintes techniques et problèmes de sécurité et de vie privée associés par rapport à un PC premier prix, un Intel NUC ou autres machines de ce genre.

Conclusion

Bon. Cet article est beaucoup, beaucoup plus long que ce que je pensais écrire à la base. J’ai résilié mon Shadow fin juin, mais a priori ma mémoire n’est pas trop mauvaise ! J’ai essayé de structurer un minimum, et je pense avoir dit le plus important. Bien que je n’ai pas été conquis par le service (et je ne risque pas rééssayer), je pense que c’est important de partager mon expérience puisque que ce genre d’offre dans le cloud va probablement être de plus en plus présente dans les années à venir, et je tiens à mettre en garde contre les dangers et problèmes d’une telle offre, tout en faisant un point sur le service le plus avancé du moment.

Alors oui, au final, j’ai résilié et renvoyé mon Shadow. Pourquoi ? Tout simplement parce que le service ne me satisfait pas et que la forme du service ne me convient pas. Comme je l’ai dit, chez moi jouer sur le Shadow n’est pas très agréable à cause de la latence, qui, bien que minime, est perceptible. De plus, j’aime avoir le contrôle de mes données, c’est primordial pour moi, donc avoir mon ordinateur personnel chez quelqu’un d’autre et y accéder via des canaux en clair, c’est juste pas possible.

Voici le message que j’ai envoyé au support pour demander la résiliation :

Bonsoir,

après quelques semaines d’utilisation j’ai décidé d’arrêté mon abonnement Shadow.

En effet, malgré une fibre Orange 900/250 en région parisienne, la latence est perceptible voire même bloquante sur certains jeux. De plus, les nombreux bugs de son m’empêchent d’avoir une expérience agréable. Aussi, le fait de ne pas avoir mon PC chez moi ne me convient pas.

J’ai déjà dépensé 100€ de Shadow et j’attends depuis fin 2016, pour au final pas grand chose… On va du coup s’arrêter là. 🙂

Je voulais donc savoir quelle était la marche à suivre pour arrêter l’abonnement en renvoyer le boîtier ?

Je vous remercie.

J’ai donc renvoyé le boîtier dans sa boite par Colissimo, à mes frais, et le support m’a confirmé bonne réception.

J’aurai pu utiliser le Shadow uniquement en tant que PC gaming, ce que beaucoup font. J’ai utilisé mon Shadow en tant que PC principal pendant une semaine complète. Les soucis de son ont fini par me saouler et pendant la période de bac je n’ai pas joué.

D’habitude, j’utilise mon PC portable connecté à mon écran externe, et au final je me suis retrouvé à lancer Overwatch sur celui-ci en, même en low, parce que d’une part je n’ai pas de latence, même si c’est moins fluide et joli, d’autre part je n’ai pas ces galères de son insupportables ou d’écran qui se fige parfois sans raison, et puis surtout j’ai la flemme de reconnecter ma souris, mon clavier, mon écran et mon DAC à chaque fois. C’est ce qui me gêne avec Shadow : les énormes retards de livraison, les promesses non-tenues, le service client lent, le service moyen que ce soit avec le client logiciel ou le boiter, et tous les bugs qui font qu’on a l’impression de payer assez cher pour un service en beta avec une startup bordélique derrière qui n’a rien prévu.

Je parle bien ici d’un cas personnel, j’ai une utilisation particulière de mon PC, et chez d’autres personnes, Shadow peut convenir parfaitement.

Après le bac, je n’y ai quasiment pas touché, c’est pour dire. Je me suis retrouvé avec une facture de 45€ pour juillet, j’ai réfléchis 2 secondes et j’ai compris que ça valait clairement pas le coup pour moi. En plus je suis parti 2 mois en vacances, donc 90€ de Shadow alors que je n’y aurai pas touché, non merci, je préfère économiser pour un vrai PC qui ne me demande pas de l’argent tout les mois, qui fonctionne sans internet, qui me laisse faire ce que je veux. De plus, je ne suis pas un gamer très sérieux, même si j’ai passé des centaines d’heures sur CS:GO ou Overwatch, depuis 1 mois et demi j’ai un Dell XPS 13 comme seul PC (pas de GPU), et je m’en sors très bien.

J’en conclu donc que le Shadow n’est pas un service qui correspond à mes besoin et à mes attentes.

Shadow pc cloud gaming avis
Je n’espère pas.

Si des gens de Blade lisent cet article, ne le prenez pas mal, j’ai écrit ici mon ressenti honnête, et même si parfois les mots sont un peu durs, je sais que vous savez que vous avez déconné sur beaucoup de points, et d’ailleurs vous ne vous en cachez pas. J’espère que mon retour vous permettra d’améliorer Shadow, même si certains aspects comme la sécurité et la confidentialité ne peuvent pas changer de par le concept même du Shadow, et qui me confirment encore une fois que le Shadow n’est pas fait pour moi (pas plus que n’importe quelle offre de cloud computing, finalement).

Je salue tout de même les prouesses techniques du Shadow, qui bien que très imparfait est déjà assez incroyable. Shadow est pour moi le meilleur service de cloud gaming et va probablement être le leader de ce secteur dans le futur.

D’ailleurs à l’équipe de Shadow comme à ses utilisateurs, n’hésitez pas à mettre un commentaire si j’ai dit des bêtises, ou si des changements important dont je ne suis pas au courant arrivent ou arriveront. Et bien sûr, à tous les autres lecteurs, si vous avez besoin d’un éclaircissement sur un point que je n’ai peut-être pas évoqué ou pas assez développé, faites le moi savoir.


Dernière modification le 17 décembre 2017.

Stanislas, 18 ans, étudiant en administration système et réseau. Passionné par l’informatique, la high-tech et la sécurité ainsi que les anime, les mangas, et la culture japonaise. Adepte des logiciels libres, concerné par le respect la vie privée numérique. En savoir plus

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alexandre
Invité
alexandre

Bonjour,

Merci pour cet article très complet qui résume bien les différents problèmes, de jeunesse ou non, de ce type de solution. Personnellement, j’ai failli me lancer et dès que j’ai commencé à voir des tests apparaitre, rien que les questions de bande passante me rebutait.

En même temps, c’est un peu le problème de toutes les solutions cloud, il faut avoir une bonne bande passante pour réellement en profiter. En gros, une grande partie de la population est totalement exclue et ce genre de service ne s’adresse pas vraiment aux pros.

Bref, merci pour ton récit, ça confirme que j’ai eu raison de pas me lancer =]

PAoll
Invité
PAoll

Hello,

Article super interessant et objectif, qui confirme que le Cloud Gaming dans tous les salons c’est pas pour tout de suite 😀

Merci pour ton retour (et ton blog de grande qualité également ;D)

utux
Invité
utux

Lol, je me rappelle de certains gamers qui jouaient à Quake III avec les graphismes en low pour avoir le moins de latence possible (même de nos jours), et toi au contraire tu joue à des FPS multi à travers un service de streaming, MER IL ET FOU ! Ton partage d’expérience est intéressant et il confirme ce qu’on craignait à propos de la latence.